L’écologie industrielle et territoriale (EIT), un maillon clé de l'économie circulaire

3,5 Mds€ de bénéfices pour les entreprises s'engageant dans des projets d'écologie industrielle et territoriale sur les 10 prochaines années

Avec l’émission de 81 MteqCO2 de gaz à effet de serre en 2017 et 24 Mt de déchets produits (soit ~35% des déchets issus des activités économiques en 2016), le secteur industriel français a un poids notable sur l’empreinte environnementale du pays. Ce secteur s’est néanmoins considérablement transformé depuis la fin des années 1990 avec le développement du recyclage pour assurer la valorisation des déchets et le renforcement de l’efficacité énergétique des procédés qui a permis de diminuer les émissions de gaz à effet de serre du secteur. À titre d’exemple le secteur de la chimie a vu ses émissions chuter de 59,8 % entre 1990 et 2017.

Afin de poursuivre cette transformation et atteindre les objectifs environnementaux fixés pour le secteur, les différentes filières industrielles vont devoir poursuivre leur mutation en généralisant les pratiques liées à l’économie circulaire. Parmi les sept piliers de l’économie circulaire présentés par l’ADEME, l’écologie industrielle et territoriale (EIT) adresse spécifiquement les enjeux économiques, environnementaux et sociaux en lien avec les activités industrielles.

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L’EIT repose sur une gestion collective des flux alimentant l’activité industrielle et générés par celle-ci. Par la mutualisation de biens, de services, de ressources (synergies de mutualisation) et le réemploi de certains déchets comme ressources (synergies de substitutions), l’EIT permet à chaque acteur économique, quel que soit son secteur d’activité, de réduire son impact environnemental.

L’objectif de l’EIT est de répondre au double enjeu des industries et des territoires : contribuer à l’effort commun pour tendre vers la neutralité carbone et réduire l’empreinte matière tout en redynamisant le tissu économique du secteur et des territoires.

Un déploiement récent en France, entrainé notamment par la mise en place de plans nationaux

Les premiers projets EIT en France furent lancés au début des années 2000. Dans un premier temps en progression relativement lente à l’échelle du territoire, le déploiement de ces pratiques s’est accéléré à partir de 2007 avec le lancement de projets nationaux successifs. Ces premiers projets (ARPEGE en 2007, COMETHE en 2008) avaient pour but de créer des outils appuyant le déploiement de l’EIT avant d’être suivis par des plans de plus grande envergure (ORéE en 2010, ACT’IF en 2014 et PNSI en 2015) qui ont contribué à accompagner la concrétisation de projets dans différentes régions.

À la fin de l’année 2019, ce sont ainsi 188 projets qui étaient référencés sur la plateforme SYNAPSE de l’ADEME, avec la mise en service de 30 nouveaux projets par an depuis 2017.

Répondre aux défis rencontrés par les acteurs économiques pour massifier les initiatives EIT

Les entreprises qui font le choix de s’engager dans des projets d’écologie industrielle et territoriale nourrissent un double objectif : optimiser leurs résultats économiques (grâce à la mutualisation d’équipement, à l’utilisation d’énergie fatale captée localement…) tout en réduisant leur impact environnemental.

 

Cependant, le lancement de ces initiatives est ralenti par certains freins qui font planer une incertitude sur la pérennité des projets. Parmi ces freins, on note notamment :

  • La viabilité des modèles économiques ;

  • L’organisation et la collaboration au sein des groupements d’acteurs industriels ;

  • Les technologies et expertises techniques à mobiliser ;

  • La réglementation et la contractualisation pour la mise en place des synergies.

 

Face à ces incertitudes, l’engagement de certains acteurs permet d’accompagner les entreprises dans la concrétisation de synergies simples (achat d’énergie groupé, collecte et réparation collective d’équipements…) et complexes (captage de chaleur fatale, valorisation énergétique des déchets au niveau local…).

 

Parmi ces acteurs, l’ADEME, les collectivités, les Chambres de commerce et d’industrie ainsi que les entreprises de l’énergie et de l’environnement offrent des réponses financières, organisationnelles et d’expertise technique pouvant appuyer le déploiement des initiatives EIT à l’échelle locale. Ces acteurs capitalisent sur leur expérience croissante dans l’EIT et les thématiques liées à l’économie circulaire plus généralement pour partager une méthodologie maximisant la réussite des projets.

Un changement d’échelle de l’EIT vecteur de gains économiques, sociaux et environnementaux conséquents à l’horizon 2030

La décennie à venir doit être celle de l’industrialisation des pratiques d’EIT pour pérenniser la dynamique engagée au sein du tissu économique national. Le lancement d’une centaine de nouvelles initiatives par an permettrait en effet de structurer la filière ; les porteurs de projets bénéficieraient d’économies d’échelles et retours d’expériences assurant une efficacité dans le lancement de nouveaux projets. Si le nombre de nouvelles initiatives lancées annuellement augmentait progressivement pour atteindre ce volume d’initiatives amorcées en 2030, le nombre de projets opérationnels à la fin de la décennie avoisinerait les 731 initiatives.

Selon les scénarios analysés dans cette étude, 500 M€ d’investissements, dont 42 M€ pourraient provenir de subventions publiques (soit 2,2 fois le budget de l’ADEME qui était consacré à l’EIT en 2017), seraient nécessaires pour changer d’échelle et multiplier le nombre de nouvelles initiatives à fort potentiel.

Les synergies mises en place permettraient de réutiliser ou recycler l’équivalent de 30% de la production actuelle de déchets industriels sur les 10 prochaines années en moyenne tout en contribuant à hauteur de 4,6% à l’effort carbone demandé au secteur dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone de mars 2020. Les gains économiques potentiels seraient également conséquents, avec un bénéfice net estimé à 3,5 Mds€ pour les entreprises et les territoires.

S’appuyer sur un contexte favorable à la massification des projets EIT dans les années à venir

La loi économie circulaire (janvier 2020) ainsi que la Stratégie Nationale Bas Carbone (mars 2020) fixent des objectifs de transformation qui s’appliquent au secteur industriel et vont dans le sens d’un déploiement renforcé de l’EIT.

Par ailleurs, en réponse à la crise sanitaire du COVID-19, le soutien politique pourra se traduire par une aide publique aux stratégies de relocalisation d’activités industrielles. Pour accorder les objectifs économiques et environnementaux, cette réindustrialisation des territoires devra intégrer en amont une planification des opportunités de synergies industrielles.

 
 

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